mardi 28 octobre 2008
dimanche 26 octobre 2008
jeudi 23 octobre 2008
Prologues & Hésitations
"C’était la première nuit d’hiver. Déjà les premières neiges avaient recouvert les hauteurs. Une lune ronde et froide projetait des ombres inquiétantes dans la forêt et le hurlement des loups n’étaient en rien rassurant. Aussi tôt dans la saison, cela promettait un hiver long et froid.
La jeune femme sursauta et se retourna en entendant un craquement derrière elle. Ils avaient du retrouver sa piste. Elle se mit à courir, évitant les branches basses des arbres avec adresse dans la quasi-obscurité. Le cœur battant, fuyant au plus vite elle se concentra pour retrouver en elle ce qu’elle avait abandonné depuis des années maintenant, sans succès. Derrière elle, le bruit se rapprochait, et, sans ce pouvoir, elle n’avait aucune chance contre eux. Même avec, elle doutait de pouvoir venir à bout de ses poursuivants, car son ouïe fine lui indiquait qu’ils étaient plusieurs, sans doute quatre, voir cinq. Epuisée, elle ralentit pour reprendre son souffle, et le soudain silence l’amena à s’arrêter. Pour quelque raison que ce fut, la poursuite avait pris fin. Elle prit quelques secondes pour respirer à grandes goulées d’air puis se retourna…et se figea.
Un peu plus haut, les silhouettes de cinq loups se découpaient. Encore une fois, Mylen chercha au plus profond d’elle-même, ce pouvoir qu’elle avait délaissé, abandonné, refoulé, aurait pu aujourd’hui lui sauver la vie, mais elle n’en trouva pas trace. Les loups attendaient tranquillement, sans doute avaient-ils senti son épuisement, ils savaient qu’elle n’irait pas plus loin, cela ne servirait à rien. Des larmes perlèrent aux yeux de la jeune femme tandis qu’elle attendait la mort. Pendant quelques secondes, Mylen pris une conscience accrue du monde qui l’entourait. La température avait chuté, la neige s’était remise à tomber. Soudain les loups se levèrent, comme répondant à un signal silencieux. Gracieux, ils s’élancèrent vers elle. Sa dernière pensée alla à sa fille lorsque les crocs tranchant la happèrent à la gorge, étranglant ses cris.
***
La fillette se réveilla en pleurant, âgée de deux ans à peine, elle ouvrait des yeux immenses. Sans doute avait-elle fait un cauchemar. Elle gémit quelques instants puis ses mains se refermèrent sur un pendentif, une grosse gemme noire dont le cœur rougeoyait habituellement. L’enfant ne remarqua pas que le cœur, cette nuit, était aussi sombre que le reste de la pierre, elle le reconnut pour être le pendentif de sa mère, et cela la rassura…elle se rendormit."
